Comme dans les îles créoles de la région, les romances désignent à Rodrigues une chanson dédiée à l’amour et écrite en français, dont la tradition remonte aux chants populaires et urbains de la France des XVIIe et XVIIIe siècles.
Cependant, les Rodriguais considèrent comme romance toute chanson d’amour non accompagnée et interprétée en français, même s’il s’agit de compositions plus récentes comme celles de Luis Mariano, Tino Rossi ou de tout autre chanteur sentimental français. D’ailleurs les romances se chantent à Rodrigues dans un style vocal qui rappelle singulièrement les chanteurs des années trente.
Si les premières romances ont pu être apportées par les premiers colons originaires des îles voisines, le répertoire s’est toujours enrichi au fil des ans, des contacts et des évènements. Dans les années trente, un nombre important de Rodriguais iront travailler à l’île de La Réunion, dans les champs de cannes de Sainte Suzanne. Ils reviendront avec un répertoire nouveau de danses et de romances dont plusieurs sont des chants patriotiques.
L’isolement de Rodrigues aura permis de conserver un nombre de romances disparues depuis longtemps du répertoire mauricien ou réunionnais. Cette conservation s’est cependant doublée de déformations involontaires et d’omissions causées par la transmission orale des textes français en milieu unilingue créole.
Au temps où les romances faisaient partie du répertoire vivant, rares étaient les Rodriguais pouvant maîtriser le français. La présence du français, même restreinte, à quelques rares occasions, n’en constituait pas moins un élément symbolique essentiel de la vie sociale et publique. Son usage sacralisait les situations formelles et cérémonielles de tradition généralement européenne.
Les lettres de demande en mariage, les invitations, les faire-part, les romances ou les chansons qui accompagnent les repas de fête étaient transmis en français, de génération en génération, et appris soigneusement par coeur. Ces textes ont été déformés au fil du temps et sont souvent devenus incompréhensibles pour un francophone. Cependant, seule l’intention langagière compte et, par là, il est possible de juger du sérieux de la situation.
Il est souvent question d’amour dans les ségas. Mais l’amour en créole est moins éthéré, il est plus cru et plus physique. En français, les sentiments sont plus sérieux et il convient d’utiliser des formes linguistiques plus recherchées lorsqu’on veut parler du véritable amour.
Romances de déclaration
Il existe plusieurs catégories de romances. Certaines romances faisaient partie d’un système de déclarations officielles en langue française. Il existait, à Rodrigues, un répertoire écrit de déclarations et de réponses, chantées ou non, que l’on apprenait par coeur et dont la maîtrise faisait partie de la compétence sociale.
Durant un bal, un homme épris pouvait signifier publiquement son intention amoureuse en chantant à l’élue de son coeur une romance de déclaration. Un concurrent pouvait renchérir avec un autre chant. A son tour, la jeune fille sollicitée pouvait chanter une romance en guise de réponse. Si elle était positive, le garçon pouvait chanter une romance de remerciements. Si elle était négative, ‘amoureux transi pouvait insister par un autre chant.
Il existait aussi des romances pour rompre. Une jeune fille ou un membre de sa famille pouvait chanter une chanson afin de faire comprendre à l’amoureux qu’il n’a aucune chance. Ce rituel chanté pouvait être accompagné d’emblèmes (fleurs, mouchoirs) dont tous connaissaient la si-gnification.
Romances de mariage
Certaines romances étaient chantées à la noce. Il y avait un répertoire associé aux différents moments des festivités, comme la procession du cortège, son arrivée à la maison de la mariée, le repas, ou la sortie des époux. Plusieurs de ces romances de mariage évoquent le thème de l’adieu à la mère patrie.
A Rodrigues, beaucoup de chansons patriotiques faisant référence à Napoléon et surtout, la grande guerre, fournissent une part importante du répertoire des romances. La plupart concernent la période 1877 à 1918.
L’inspiration chrétienne des chants patriotiques explique qu’on les retrouve pendant le mariage. L’interprétation des chants d’adieu tristes et mélancoliques durant les festivités nuptiales vient peut-être de la tradition, en France, de faire pleurer la mariée avant son départ.
Le matinal 25 avril 2006

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Julie Collet, l’ambassadrice du séga traditionnel Figure incontournable de la culture rodriguaise, Julie Collet, 69 ans, aura marqué l’histoire culturelle de Rodrigues par ses chansons engagées. Si la plupart se souviennent d’elle pour sa chanson « Dibwa trwa fey », une sentence aux femmes aux moeurs légères, d’autres à l’instar de « Zenes pa oulé travay », « Margoz amer » ou « Divin laklos » resteront des textes racontant des pages importantes de l’histoire de l’île.Julie Collet est une femme qui, malgré le fait d’être analphabète, a su trouver les mots justes pour transmettre par la voie orale l’histoire et la culture rodriguaise. Et elle aura été une ambassadrice des musiques traditionnelles de Rodrigues pour avoir conduit cette forme culturelle au-delà des rives africaines, lors de ses nombreux voyages à l’étranger. Le lancement de son unique album, récemment, a constitué un digne hommage au séga traditionnel rodriguais. Connu de Monsieur-tout-le-monde comme « Ma tante Grofi », Julie Collet est née à Rivière Bananes, à Rodrigues, de mère rodriguaise et de père malgache. Toute jeune encore, son père les quitte pour partir à Maurice sans jamais revenir. La mère de la petite Julie va vivre avec Joseph Catherine au lieu-dit Dans Coco, à Anse Mourouck. La vie dans cette nouvelle famille est conditionnée par un environnement de gens de la mer vivant l’union libre et où les conflits sont réglés à coups de chansons sociales dénigrant outrageusement les rivaux. Très jeune, Julie fréquente les « bals tambour » du samedi soir où elle entend les « Maréchal » composer avec spontanéité des chansons courtes sur des airs connus. Elle s’y met aussi et, très vite, devient une dure à qui personne n’ose se frotter en raison du caractère tranchant de ses textes. A la fin des années 60, Julie, elle-même mère, revient vivre au centre de Rodrigues où elle se retrouve très vite associée au «revivalisme» culturel amorcé par le Groupement des artistes rodriguais en 1976. Avec le groupe « L’oiseau têtu », ses chansons prennent la forme de la chanson engagée bien que certaines restent des chansons patriotiques. |
Le defi plus/21/06/09
Il y a une perception que l’île Rodrigues aime être assistée, que son peuple est un éternel insatisfait et que les Rodriguais adorent que la mère patrie lui fasse l’obole.
Mais non ! Rodrigues ne quémande rien. Elle ne réclame que son dû. Ceux qui font le raccourci classique ne connaissent pas, comme le chantait Brel, « ces gens-là ».
Rodrigues a sa fierté et sa façon de vivre. Les rodriguais sont des gens de la terre et de la mer. Jadis, l’île était notre jardin potager et nous livrait oignons, ail, haricots rouges, limons, ourites et, surtout, les fameux piments confits.
Avec le temps, et après un exode massif vers Maurice de ses jeunes, l’île n’a pu soutenir cette autonomie. Faute d’une relève. Puis, les Rodriguais se sont massivement tournés vers le secteur touristique naissant, avec l’implantation de quelques hôtels et de tables d’hôtes.
Tout allait presque bien. Même si le service n’a jamais égalé celui offert à Maurice. Les touristes mettaient cela sur le compte de l’exotisme. Mais, comme l’a reconnu Rama Sithanen, Rodrigues a été doublement frappée par la crise financière. Alors qu’en même temps la pêche rapportait de moins en moins et l’emploi se faisait rare.
La situation est invivable. La population l’a clairement démontré quand elle est descendue dans la rue pour crier sa colère. Que réclame-t-elle ? Un peu de compassion de la part de son grand frère. Les Rodriguais demandent que la taxe sur le fioul soit suspendue, le temps que dure le Stimulus Package.
Cette taxe, qui avoisine Rs 3 000, a un poids certain sur le coût final du billet d’avion. On a vu Paul Bérenger défendre au Parlement, avec raison, ce dossier. Afin que l’île puisse attirer non seulement des touristes étrangers, mais également des Mauriciens. Il semble que ces nombreux appels sont tombés dans les oreilles de sourds.
Nous voudrions comprendre la logique. Air Mauritius se permet de réduire d’une façon conséquente le coût de ses billets sur plusieurs destinations, notamment la Réunion et des pays d’Asie. Pourquoi estime-t-elle que c’est un fardeau que de réduire 80 euros sur la desserte Maurice-Rodrigues ?
Certes, notre compagnie d’aviation nationale roule à perte en desservant l’île. Mais, en temps de crise, il faut pouvoir se serrer les coudes. Les Rodriguais ne demandent pas des sous à mettre dans leurs poches, mais des mesures pour booster le tourisme, qui a enregistré 20 % d’arrivées en moins au dernier trimestre. Sachant que la situation ira en empirant, le gouvernement aurait pu faire cet effort, compte tenu du nombre de familles qui y vivent du tourisme.
Au train où vont les choses, le dialogue de sourds s’intensifiera entre Maurice et Rodrigues. Déjà, le Chef commissaire Johnson Roussety a donné un aperçu du ras-le-bol qui prévaut, en poursuivant l’État mauricien au sujet des Rs 10 millions destinées aux pêcheurs.
Le leader de l’opposition a prévenu Navin Ramgoolam que nous étions en train de « violer l’esprit même de l’autonomie » votée par l’Assemblée nationale. Ceux qui connaissent bien Rodrigues le savent. À chaque fin de mois, il est charmant de voir les Rodriguais faire queue devant les banques pour toucher leur salaire. Ce jour-là, Port Mathurin grouille de vie.
Mais la « fête cabba » est chose du passé pour beaucoup. On peut même se demander jusqu’à quand la soupape de sûreté va tenir.
O pleure mon ile Rodrigues…… Assassinons nous notre autonomie ?????
En observant les récents évènements à Rodrigues, une profonde tristesse m’envahit….. Et une question me vient à l’esprit :
Assassinons-nous notre autonomie ????
Il ne fait aucun doute qu’une profonde fracture, politique cela s’entend, parmi la population rodriguaise, En effet 50% vote l’OPR et l’autre moitié le MR. Et ainsi beaucoup veulent nous faire croire ce fossé mais regardons les faits d’un peu plus près ou du moins d’un autre angle.
Questions Eski nou tou pa soufer
1. kan penan gaz ? Kan delo pa koule ? Kan lapli pa tonbe ? Kan legim ser ?
2. Kan bagaz monte ? Kan dile bese moris e monte kot nou ?
3. Ki sanla pa kone enn fami,enn vwazen , enn kouzen, frer ou ser, kin al moris akoz penan travay ?
4. Ki Rodriguais ki kapav dir ki nou respecté par moris ?
5. Que vous inspire le mot « Parasite » ? Eh bien c’est un des commentaires d’un internaute sur les revendications des rodriguais après le budget.
Regardons du coté des politiques : D’un coté, Roussety et ses acolytes nous disent : « Produire seki nou manze , manz seki nou produire »alors que Serge Clair et compagnies nous répètent : « Produire, transformer,Exporter ». Est-ce si différent que ca dans le fond ? Je ne parle pas la forme. Est-ce si incompatible. ? Tellement loin qu’on qu’ils ne peuvent se rejoindre ? Attention certains serait tenter de parler d’uniformisation et de parti unique ce n’est pas le cas. Je parle de se mettre d’accord sur deux fondamentaux.
1. Le respect de Rodrigues, de sa population dans sa dignité de peuple dans la république et la défendre envers et contre tous. 2. Le respect de l’Autonomie selon les provisions du RRA Act. Nov. 2001 et de la constitution, comme outil d’émancipation, de développement et une chance pour nous.
Ceci étant dit je pense que nos politiques locaux ne cessent de violer ces deux fondamentaux en commençant par le gouvernement régional dans son approche et ses traitements de dossiers complètement déconnecté de la population dans ses prises de décisions et dans ses priorités et des incohérences administratives. De plus en confondant le gouvernement MR et le parti MR( L’OPR avait souffert du même mal) et la guerre des chefs qui s’y déroule, fragilise d’avantage la stabilité nécessaire a tout développement. Je ne suis pas un fan de JR, je le trouve arrogant, malpoli et ses nombreux frasques et leurs répercussions dans la presse n’ont nullement fait honneur à la fonction qu’il occupe et à Rodrigues. Cependant je lui reconnais une qualité…. c’est son audace,( chose que peu de nos jeunes qui sont en politiques ont) Il ose dire les choses,( Pourquoi d’ après vous S C a la réputation d’anti mauricien ?)surtout a la face des certains rétrogrades aux mentalités colonisateurs et passéistes. Contrairement a son leader qui se contente de faire copain copain a tout le monde et son obsession de toujours de devenir ministre. 7 ans après l’autonomie on se demande si le plus grand défi qui nous guette n’est pas de réunir les rodriguais autour des fondamentaux sus mentionnés ?
Sey mazinn enn kou Serge Clair viré ?
To fou ? to malad ? , ridicule dirons certains…… Impossible dites-vous ? Poussons ma pensée …. Demain il redevient chef commissaire, Sithanen aux finances, LARR, vote sont budget et le ministre refuse de décaissés les fonds, et donne les fond au NEF ? Que va-t-il se passer ? Que dira-t-il ? Aura-t-il le même discours ? Il n’est pas question de politique la. Je ne fais pas de plaidoirie pour le gouvernement MR, loin de plébisciter le projet que je ne trouve pas assez soutenable ou de cautionner la gestion catastrophique de certains dossiers et l’immobilisme des commissaires. Je parle des fondamentaux : Le ministère des finances viole la RRA act et ne respecte pas les rodriguais et notre autonomie et si des Rodriguais l’applaudissent, ils sont doublement coupable. Je dis bien fort que l’OPR aurait du soutenir l’Action contre le ministère des finances et se battre ensuite pour une meilleure utilisation des fonds au niveau de l’ARR. Qu’est ce qui l’empêchera de récidiver demain ? De même je dénonce avec force quelques intervention ministérielle et d’autre institutions encouragé ses derniers temps l’interface est l’ARR et quand un certains« ami » se permet de nous menacé et d’avoir la faveur d’avoir notre aéroport nommé après son père, on s’en passera bien de son « amitié » et de ses complices.
SC et JR c’est le même combat avec des armes différentes. Qu’est qui nous sépare donc, qui nous empêche d’émerger comme une autonomie florissante….. L’arrogance de JR, l’incohérence et l’immobilisme du MR, l’orgueil de SC et le manque de mordant de L’OPR a faire reculer le MR sur certain dossiers le silence de la société civile et notre incapacité à ouvrir le débat et la honte nationale que sont nos 4 députés à l’AN. En conclusion j’ajouterai un 3eme fondamentaux aux deux précités :
Que c’est le peuple rodriguais le seul maitre de son autonomie, que c’est avant tout un affaire de peuple , que personne ne nous doit rien ,que nous devons nous l’approprier et en en faire une réussite, que c’est notre meilleur chance de nous le prouver avant de nous aspiré a autre chose.
En fin je dirai que l’OPR et le MR sont les deux cornes d’un même cabri …Tuez le cabri et je vous laisse deviner la suite … mais emmener les deux se battre ensemble ca peut faire beaucoup de dégâts.
…..Et pour ceux qui en doutent essayer de poser la question au peuple Rodriguais.
Patrick.
Weekend 14/06/2009
Vagues post-budgétaires
Rodrigues :Le cri du coeur!
La marche pacifique, dont le but principal est d’amener le gouvernement à prendre conscience des graves problèmes économiques qui sévissent à Rodrigues suite à l’écroulement des activités touristiques, a franchi un premier obstacle hier matin. Les animateurs de cette manifestation à caractère citoyen, se félicitent du succès remporté avec entre 2 000 et 2500 participants selon les organisateurs, et un millier selon des sources policières. Aucun incident n’a été déploré dans les rues de Port-Mathurin pendant ces deux heures. En début de semaine, le comité organisateur se réunira pour une évaluation de la situation et une décision sur la marche à suivre. Dans cette conjoncture de crise économique, la principale et première revendication de cette plate-forme citoyenne demeure l’abolition de la Fuel Tax, représentant une somme de Rs 3 025, sur le billet d’avion entre Maurice et Rodrigues. Tous les intervenants qui se sont adressés aux manifestants, en l’occurrence Rommel Farla, porte-parole à Rodrigues la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) du tandem Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, Jean-Pierre Lim Kin, Marie-Lise Roussety, James Bégué, Maxi André et Aurèle André, ont mis l’accent sur l’importance de cette mesure dans le contexte de la relance de l’industrie touristique de Rodrigues en ciblant la clientèle mauricienne. Une première initiative concerne l’Assemblée Régionale de Rodrigues (ARR) pour un coup de pouce institutionnel à l’abolition de la Fuel Tax. « Une des résolutions est que l’ARR doit se réunir d’urgence et en séance spéciale pour faire adopter une résolution éliminant cette Fuel Tax en vue de la soumettre au gouvernement. Néanmoins, nous nous attendons à voir le gouvernement central réagir en anticipation car cette proposition a été soumise au Premier ministre depuis le début de l’année », a indiqué à Week-End Maxi André, un des membres du comité organisateur après la marche d’hier. Aujourd’hui, Rodrigues est sensibilisée au fait que l’abolition de la Fuel Tax sur les billets d’avion est une question de survie pour l’économie de l’île. « Les Rodriguais comprennent que sans cette mesure c’est le chômage qui les attend au tournant. Avec l’élimination de cette taxe, les Mauriciens pourront être en mesure de visiter notre île et relancer les activités », poursuit-il. « Nous constatons qu’Air Mauritius fait des promotions avec des réductions du billet d’avion de différentes destinations. Il y a même des tarifs spéciaux pour des pèlerinages religieux. Nous ne comprenons pas pourquoi les autorités demeurent insensibles à notre demande pour l’abolition de la Fuel Tax. Nous avons également l’impression que notre idée soumise depuis longtemps a été piquée et appliquée pour favoriser le tourisme à Maurice au détriment de Rodrigues », ajoute Maxi André. La marche pacifique dans les principales rues du chef lieu de Rodrigues a confirmé le sentiment d’un déficit de considération de Maurice à l’égard de cette partie du territoire. L’immense banderole qui a précédé les manifestants avec le slogan « Maurice to bizin considère Rodrigues », en dit long sur l’état d’esprit qui règne au sein de la population. À cela sont venues se greffer des réclamations scandées hier, dont en substance : « Si nous sommes un fardeau, libérez-nous ! ». Les messages inscrits sur les autres banderoles étaient aussi évocateurs, comme « Rodrigues, ki to l’avenir ? » ou « Maurice, as-tu du cœur ? » et encore « Nou touris ine mort ! Nou p » enter li ! » Rommel Farla, du syndicat des employés de la construction à Rodrigues, qui a présidé la première marche pacifique après la présentation du budget 2009 par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, cache difficilement sa satisfaction devant la tournure des événements. « À coup sûr, la marche a été un succès. Nous ne nous attendions pas à cette mobilisation. Les Rodriguais ont compris que l’heure a sonné pour réclamer leurs droits auprès du gouvernement et pour assumer leurs responsabilités. Asterla, gouvernma Moris bizin konpran ki nou pé dir avan ki li tro tar », harangue le président Farla. « En tant que représentant d’un syndicat de la construction, j’ai pris la décision avec mes autres camarades de soutenir cette demande de la part des opérateurs dans le secteur touristique parce que nous avons compris que sans cette coopération ce sera la mort du tourisme avec la montée du chômage et d’énormes problèmes sur le plan social », s’appesantit Rommel Farla. Ce syndicaliste formé à l’école de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé fait également le mea culpa des Rodriguais. « Dans cette situation, nous avons notre part de responsabilité. Depuis 2005, si nous avons tenu en ligne de compte le discours du Premier ministre à l’effet que personne pa dwa nou nanyen, nous aurions compris à l’avance à quoi il nous fallait nous attendre. Il y a aussi un manque de formation dans l’île. Nous aurions compris que les allocations que verse le gouvernement à Rodrigues ne seront possibles que tant qu’il y aura des ressources financières disponibles. Après, il n’y aura rien », indique-t-il à Week-End. Néanmoins, Rommel Farla pointe du doigt des carences au niveau de la politique de développement. Le tout avec raison. « Nous comprenons qu’il nous faut un effort de la part des Rodriguais. Mais nous devrons avoir les mêmes facilités que les Mauriciens. Nous avons un potentiel de développement dans les domaines de l’élevage, de l’agriculture et du tourisme. Pourquoi les Mauriciens ne viennent-ils pas nous aider à développement ces secteurs au lieu d’aller à Madagascar ou d’autres pays d’Afrique pour le maïs et la viande ? » s’insurge-t-il. Les membres du comité de coordination prévoient de se réunir en début de semaine pour prendre connaissance de la réaction officielle du gouvernement à leur demande relative à la Fuel Tax. « Nou pou rétourn lor lari pou fer nou konpran si bizin », confirme Maxi André, qui se refuse de révéler la forme de cette prochaine revendication tout en réitérant l’appel initial aux politiques contre toute « tentative de récupération de cette initiative citoyenne ».
Le Mauricien 10/06/2009
RODRIGUES
La Cendrillon devenue Danton
Dans l’ouvrage Sir Ben… Raconte Rodrigues, (2007) qu’il consacre à son île, Benjamin Gontran raconte qu’en 1810, les Anglais s’emparèrent de Rodrigues alors peuplée de 44 âmes. Ils l’utilisèrent pour envahir les deux autres îles des Mascareignes afin de contrôler la route des Indes. En dépit de l’importance géostratégique de Rodrigues, le pays devint la Cendrillon des Mascareignes en tant que dépendance de Maurice. Dans la période pré-indépendance, Rodrigues connut la « révolte des pommes de terre ».
Ces deux événements démontrent le manque de considération qu’a toujours connu le pays. Mais, en 2002, l’espoir fut permis avec l’autonomie. Cependant, la campagne électorale de 2005 annonçait déjà que les nouveaux gouvernants allaient démolir l’autonomie. Aujourd’hui, la colère gronde. Elle vient du peuple et non de ses dirigeants seuls. La Cendrillon se réveille. Elle devient Danton et risque de faire légion dans la République de Maurice.
Tout est dans les rapports.
L’Establishment fait un tort immense à Navin Ramgoolam et au pays en persistant dans ses attitudes néo-colonialistes.
Le problème de fond n’est pas la crise économique.
Le communiqué de la mobilisation du 13 juin à Rodrigues met le doigt sur la plaie : » C’est clair aujourd’hui que Maurice a un hidden agenda vis-à-vis de Rodrigues – provoquer la mort lente mais sûre du peuple de Rodrigues. Après l’Indépendance en 1968, Maurice punissait Rodrigues pour son vote contre l’Indépendance et, aujourd’hui, la punition est exacerbée à cause de l’autonomie. On se demande combien de temps cette punition va durer encore. «
Ces propos nous rappellent ceux du père Jocelyn Grégoire tenus dans ses rassemblements de 2007 et 2008. Il y expliquait l’injustice que subissent encore les Créoles dans la République. Il nous faut des gens de bonne volonté. Comment établir le dialogue ? C’est cela le vrai dialogue interculturel mauricien post-indépendance.
Comment enlever la méfiance ?
L’heure est grave. Navin Ramgoolam et Sithanen ont une responsabilité énorme envers le pays.
Au Parlement, le Premier Ministre dit qu’il faut attendre le budget de novembre pour considérer les requêtes.
Jimmy Hammon
Le Mauricien 10/06/2009
AU PM
Les Rodriguais comptent aussi !
Pour tout le respect que j’ai à votre égard et au poste que vous occupez, malgré votre cœur insensible, je me permets de vous écrire, en tant que citoyen de la République de Maurice, égal dans ses responsabilités et ses droits aux autres citoyens, pour vous demander de ne pas rester insensible au cri du peuple rodriguais qui passe par une phase économique beaucoup plus difficile que celle endurée par le peuple de Maurice.
Nous avons attendu beaucoup plus de la part de votre gouvernement sur ce budget 2009 afin de régler une fois pour toutes le plus gros souci des Rodriguais : le chômage.
Vous qui vous vantez à tout moment d’être arrivé au pouvoir pour soulager la misère du peuple, vous restez insensible envers une partie de la population. Vous qui êtes le Premier ministre d’une République démocrate, vous qui dites souvent être la bonne personne à la bonne place, je tiens à vous dire que c’est tout le contraire dans la réalité. Car nos problèmes et la pauvreté deviennent de plus en plus alarmants ; un malaise social peut facilement déboucher sur des conflits sociaux.
Je vous demande d’être plus humain dans votre approche, de vous dire que nous sommes tous arrivés pauvres dans ce monde et que personne ne doit croire qu’il mérite mieux que les autres ou qu’il est davantage chez lui que d’autres.
Montrez-nous votre grandeur d’âme et traduisez dans les faits ce que vous professez. Je vous demande d’apporter davantage de justice sociale au peuple rodriguais pour qu’il ne ressente plus ce malaise apparu depuis votre arrivée au pouvoir.
En passant, je vous annonce qu’une Ong regroupant des Rodriguais vivant à Maurice verra le jour bientôt. Elle aura pour objectif de regrouper les 40 000 électeurs rodriguais qui se trouvent massivement à Pailles, Roche-Bois, Baie-du-Tombeau, Bambous, Rose-Hill, Ste-Croix, Terre-Rouge, Pointe-aux-Piments, Pamplemousses, Rose-Belle, Tranquebar et Petite-Rivière. Nous allons nous mobiliser pour les prochaines élections pour dire aux politiciens qu’il faudra compter sur notre présence et nos préférences. Il est temps de vous faire comprendre que nous faisons élire avant tout un gouvernement qui a à cœur le sort de nos frères, sœurs, et parents vivant à Rodrigues. Si rien n’est fait, nous allons commencer à alerter l’opinion internationale pour faire savoir au monde ce que nous subissons dans la République en tant que citoyens car nos droits ne sont pas respectés.
Si, aujourd’hui, le gouvernement français a connu une certaine fragilité sur sa politique extérieure, c’est à cause de l’indifférence du président français envers les Guadeloupéens. La crédibilité de ce pays a été mise en doute par pas mal de pays. Je vous demande de faire attention, pour que cela n’arrive pas à Maurice qui est beaucoup plus vulnérable sur le plan diplomatique qu’Israël.
Jean Noël Baptiste
Homely Rodrigues
News on Sunday
14/05/09
There aren’t many places left in the world that not even your best-travelled mate has heard of, but Rodrigues may be one of them. This island is so very remote and so little known, only the poshest of atlases reveal its existence.
The island is in the Indian Ocean, 600km east of Mauritius, named after a Portuguese explorer, with a population around 40,000, mostly Roman Catholic.
Rodrigues is a dependency of Mauritius, and is often described as its sister island. In reality, they are siblings who have little in common. Where Mauritius is lush and verdant, its tropical woodlands alternating with vast fields of sugar cane, Rodrigues is drier, rockier, more sparsely wooded, and has no sugar cane at all – which is ironic, since 97% of its population is descended from African slaves brought to work the plantations.
Daily flights
Just two flights come into Rodrigues every day, and both belong to Air Mauritius. The connection takes 90 minutes, but the only alternative is a 36-hour crossing on the weekly cargo boat that constitutes the island’s main commercial link with the outside world.
Economically, Rodrigues has very little going for it – no industry, no commercial fishing to speak of, and it lacks the hugely profitable machine of Mauritian tourism or the honeymoon island’s dazzling array of five-star hotels. Agriculture is strictly subsistence: every family has its vegetable plot, its fruit trees, its pigs and goats. Some of the men have small fishing boats, and the women go out to hunt for octopus in the lagoon. The extent of Rodrigues’s tourism industry is a handful of three-star hotels and between 30 and 50 guesthouses (no one seems to know the true figure) known here as chambres d’hôtes or gîtes, where you stay with local Creole families and share their tasty home-cooked meals.
Coastal path
Rodrigues was once thickly wooded with ebony forest. Giant tortoises roamed the island in huge numbers; birds unique to the island flitted among the branches, or, in the case of the flightless solitaire, a relative of the dodo, pottered about on the forest floor. Then humans arrived to colonise the island and created an ecological disaster zone. Now most of that forest has long since gone, and most of the birds too, though a few native species have recently been dragged back from the verge of extinction.
But, despite the disappearance of the forest, the island looks extraordinarily beautiful. I couldn’t suppress an audible « wow! » as I rounded the headland on the coastal path to see a string of delectable bays, ringed by white sand. No beach bars, sun-loungers, parasols, or any of the usual seaside paraphernalia here – nor the hawkers, masseuses, cocktail waiters, and sunglass-cleaners that work the beaches of Mauritius.
Where much of the coastline of the big-sister island has effectively been privatised by the swanky hotels, pushing out local punters to ever more crowded public beaches, all Rodrigues’s beaches are public. But with one big difference: they have no public on them. At Trou d’Argent, the island’s most photographed stretch of sand, the only signs of life were a cow lying on the grass behind the beach, and a hen with her chicks, clucking and pecking among the rock pools.
Earlier generations would have passed Rodrigues by as insignificant, terminally sleepy, primitive, even dull. To me it’s precisely the absence of stuff – I mean hotels, restaurants, entertainment, other tourists – that makes the island soappealing. It is so new to tourism that people still seem genuinely delighted to meet a foreign visitor. Service is gawky and informal. There is no luxury accommodation as such but more than enough homely, unpretentious comfort.
Main attractions
One of Rodrigues’s main attractions is its delicious Creole cuisine. The island’s volcanic soil is ideal for vegetables (they are practically organic, since farmers here cannot afford expensive imported pesticides). The local meat – pork, beef and kid – is also good, as is the octopus from the lagoon, typically served in a vinaigrette salad with chives. But the staple food is fish. I ate grouper and parrotfish, sea bass and dame berri; all tropical species with meaty white flesh. Favourite cooking methods for fish and meat are rougail (a kind of casserole, with tomatoes) and cari (curry) gently spiced with ginger and garam masala.
As a first course you might have cono cono: abalone, sliced and marinated with lime juice and spices, or smoked marlin. Everything comes with side dishes of achard (pickles) and chatini (chutney), and a paste, made from crushed green chillies, that is a misleading shade of avocado green but as piercingly hot as wasabi. For afters there might be gâteau maïs, a yellow pudding-y sweetmeat; piavre, a deep-fried doughnut drenched in honey; or the pride and joy of the island’s patisserie, la tourte rodriguaise, a thick-crust pie with a jammy filling of coconut and papaya.
Cultural charm
Rodrigues has cultural oddities that charm and puzzle. You drive on the left, and the road-signs are UK-style, with curvy white letters on a green background. The currency (the rupee) and the spiciness of the cooking plainly reveal the influence of India. The French were in charge here for just 74 years, from 1735 to 1809, and the English for the next century and a half. Yet it’s French culture that has triumphed, oddly. English may be the official language, yet most locals speak Creole French and/or French. The shops are all quincailleries, tabagies, boucheries. Even the island’s name, a Portuguese word, is pronounced the French way, with two syllables instead of three.
Port Mathurin
The town’s few thoroughfares have names such as Victoria Street, Johnston Street and Rue de la Solidarité. It has a low-rise, somnolent, villagey feel. The government buildings are single-storey colonial houses with corrugated roofs under the shade of giant banyan trees. There is a branch of Barclays Bank, a bookshop called the Bold Endeavour, a cyber café with the slowest internet connection I have ever experienced, and a general store, the Magasin Mackoojee (« Fondé en 1901″), which sells kitchen mixers, brooms and palm-leaf hats.
The island’s main tourist attractions are the François Leguat Giant Tortoise and Cave Reserve, named after a Huguenot exile who arrived on Rodrigues in 1691, when the island was still uninhabited and pristine. The park and its installations, which include a small museum and a long cave through which visitors are taken on tours to gawp at the stalagmites and stalagtites, were founded in 2007 by the Australian naturalist Owen Griffiths. There is plenty to keep you occupied here for an hour or two, what with the cave, the tortoises in their picturesque surroundings, and the fruit bats in their special enclosure. The Rodrigues fruit bat, Pteropus rodricensis, very nearly met the same fate as the solitaire. At one point in the 1970s, there were only 70 left in the wild, and it became the world’s rarest bat. Now it’s up to several thousand, though the species is still endangered.
Despite being only 18km long and 8km wide, Rodrigues has plenty to see.
Fishing in the lagoon to the south of Rodrigues Island. Photograph: Marcozier/Corbis
Patrick Jean-Louis: « L’avenir du Rodriguais réside dans l’Autonomie »
Weekend 28/12/08
Une fois ses études secondaires terminées Patrick Jean-Louis a opté pour l’enseignement et après une formation à Maurice a travaillé dans une école primaire rodriguaise. Passionné de politique, comme tous les Rodriguais, il s’est engagé dans les mouvements de jeunes et dans le travail social pour aider à développer son île, que l’on traite parfois, avec raison, de cousine lointaine et négligée de Maurice. Marié depuis un an à une seychelloise qui habite en Grande Bretagne Patrick vient d’aller la rejoindre. Nous l’avons rencontré avec son départ. Quitter son pays natal pour aller vivre en Grande-Bretagne ce n’est une manière d’abandonner le combat pour une île Rodrigue meilleure, de lui tourner le dos ? La réponse est immédiate car on ne met en doute pas l’attachement d’un Rodriguais pour son pays : « Je ne quitte pas Rodrigues définitivement mais je pars pour un certain temps. Pour aller me former ailleurs, pour apprendre plus avec l’idée de revenir plus fort, pour mieux participer au développement de mon île. « Quelle est justement la situation à Rodrigues en cette fin de 2008 ? « Au niveau économique la situation est catastrophique et le sera d’avantage avec la crise mondiale. La plupart des jeunes rodriguais qui sont chômeurs viennent chercher du travail à Maurice. Il y a beaucoup de difficultés pour créer de nouvelles entreprises à Rodrigues pour retenir les jeunes. Ces difficultés sont multiples : le billet d’avion est trop cher, comme le frêt ; l’internet trop lent; le temps pour les démarches administratives trop long. « Est-ce que le changement de pouvoir à la tête de l’Assemblée Régionale, le passage du « gouvernement » des mains de l’OPR à ceux du MR n’a rien changé ?Pourquoi cela ne change pas, malgré le changement? » La responsabilité se situe à plusieurs niveaux: politique, administratif mais aussi à celui des Rodriguais qui se laissent faire, qui se contentent de subir. Sans oublier le fait que beaucoup trop de décisions concernant Port- Mathurin dépendent encore de Port-Louis. » Est-ce que l’on ne se sert pas un peu facilement du prétexte que Port-Louis bloque tout pour justifier que pas grand-chose ne se passe à Rodrigues? « C’est un peu vrai, mais il n’empêche que Port Louis freine et retarde le suivi des dossiers. Un des plus gros problèmes de Rodrigues d’aujourd’hui, comme d’hier, est le fait qu’on doit connaître un fonctionnaire pour faire avancer un dossier, obtenir un permis alors que les fonctionnaires sont supposés être au service de TOUS les Rodriguais, indistinctement. Je crois dans les capacités du Rodriguais, surtout dans les jeunes qui ont envie de s’investir, de changer les choses mais ils sont bloqués par une politisation au niveau des institutions, quel que soit le parti au pouvoir. On juge le Rodriguais d’abord sur son appartenance politique. » Posons la question, directement :Rodrigues est-elle mieux gérée sous l’administration MR qu’elle ne l’était du temps de l’OPR ? » C’est vrai qu’il y a eu beaucoup de choses qui se sont améliorées au niveau de l’Education, du Tourisme mais il y a eu également un recul dans certains domaines comme celui de la Culture. Au niveau de l’Agriculture par exemple l’accent est toujours mis sur les initiatives individuelles au lieu de favoriser le regroupement ce qui permettrait de partager et même de diminuer les coûts. On n’ose pas sortir des sentiers battus, prendre des risques. Exemple : il est aujourd’hui plus facile de trouver un arbre endémique à Rodrigues qu’un arbre fruitier. » Pour Patrick Jean-Louis une des causes du problème Rodriguais est l’absence de cohésion. » Il y a un manque de cohésion à tous les niveaux. On a fait de grandes promotions au niveau touristique pour en augmenter le nombre mais l’amélioration des infrastructures d’accueil, de l’hébergement, des loisirs n’ont pas été prises en compte. Exemple précis :je ne comprends pas comment une île qui vend son côté authentique peut envisager de bétonner un de ses plus beaux sites naturels comme Trou d’Argent. Je crois d’ailleurs que ce projet a été parachuté depuis Maurice. C’est une autorité mauricienne qui a eu cette brillante idée. Les « décideurs » rodriguais n’ont pas su dire non. » Est-ce que les autorités rodriguaises et les Rodriguais ne sont pas consultés avant que la décision ne soit prise ? « On consulte les Rodriguais APRES. C’est quand le projet a éte bouclé et les décisions prises que l’on consulte officiellement les Rodriguais. Pour le principe, pour la façade. Pour pouvoir dire qu’ils ont été consultés. » Est-ce qu’il y a un avenir pour les Rodriguais à Rodrigues? » Oui parce que le Rodriguais est un battant , qui a tendance pour le moment à somnoler. Il est temps qu’il se réveille et comprenne que son avenir ne consiste à avoir un job dans le gouvernement. L’avenir du Rodriguais réside dans l’Autonomie. Pour que l’autonomie prenne tout son sens il faudrait que le Rodriguais comprenne que personne ne lui doit rien, qu’il doit faire preuve d’esprit d’initiative, de créativité, de débrouillardise, vouloir aller plus loin dans ce qu’il fait actuellement. C’est ça la réussite. Sait-on qu’il y a beaucoup de lois votées pour donner plus d’autonomie à Rodrigues qui n’ont jamais été totalement utilisées ? L’élément principal de la réussite de l’autonomie c’est le Rodriguais. Il doit arrêter d’attendre que les politiciens décident pour lui et prenne lui même des initiatives. Il est temps de dépasser le stade du bon amateurisme pour se professionnaliser, apporter de la valeur ajoutée à ses produits. On ne peut pas vendre du poisson sur la rue, sans contrôle sanitaire, alors que cela fait des années que le FED a appris au pêcheur à utiliser des bacs et de la glace. Il faut sortir des habitudes du passé et oser faire autre chose, adopter d’autres systèmes, d’autres techniques. Pourquoi est-ce que, autre exemple, l’association des éleveurs doit attendre qu’on vienne lui acheter ses bêtes au lieu d’organiser elle-même la vente, la transformation du produit en y incluant de la valeur qui modifie son prix à la hausse? Pourquoi faut-il toujours dépendre des autres, de Maurice ? » Et que faut-il penser de l’indépendance que certains brandissent souvent comme une menace à Port-Mathurin ? « J’aimerais dire que cette idée vient d’en dehors de Rodrigues, de Rodriguais installés à l’étranger qui expliquent savamment à ceux qui sont restés au pays ce qu’il faut faire. Si le Rodriguais peut utiliser l’outil qu’est l’autonomie dans toutes ses possibilités, la question de l’indépendance ne se pose pas. Si le Rodriguais n’est pas capable de gérer l’Autonomie comment pourrait-il gérer l’indépendance ? » Abordons un autre sujet qui fâche : les relations Rodrigues/Maurice ? » Même si vous dîtes que l’on exagère et que l’on s’en sert comme un prétexte, je crois que Port-Louis fait souvent la sourde oreille; quand on demande du lait on nous envoie de l’eau ou vice versa. Et cela ne date pas d’hier. Prenons un autre sujet d’intérêt vital pour illustrer : le transport inter îles. Avec le prix de ses billets d’avion Air Mauritius est littéralement en train d’étrangler l’industrie touristique rodriguaise. On a fait partir Cateau Vert, qui avait une importance réelle, et alors que le prix de l’essence est en train de baisser on vient d’augmenter celui du frêt pour Rodrigues. Comment peut-on faire du tourisme un des pilliers du développement de Rodrigues avec les prix des billets d’avion chers et en nombre limités ? Il faut le dire : on ne respecte pas l’esprit de l’autonomie de Rodrigues à Maurice, bien qu’elle ait été votée à l’unanimité au Parlement mauricien. » Quelle est la solution à ce catalogue de problèmes? « La solution, le changement ne peut venir que des Rodriguais. Il ne peut arriver que si le Rodriguais se décide enfin de son prendre son autonomie en main et de l’assumer en se disant que ce n’est pas un cadeau qui lui a été fait mais un outil qu’il réclame depuis des années et qu’il a obtenu au terme de longues batailles. Il faut que TOUS les Rodriguais, toutes religions et partis politiques confondus décident de s’approprier l’autonomie et l’appliquent dans tous les sphères de la vie et cela marchera. Cela ne peut que marcher. De toutes les manières c’est l’unique solution pour que Rodrigues avance, se développe
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Merci de m’accueillir. J’ai créé ce blog pour échanger sur mon ile ;Rodrigues qui se trouve dans L’Océan Indien. Je vous invite tout un chacun à y venir et contribuer en francais , en anglais et en créole .
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