Deux occasions ratées et une discrimination de plus…
Messieurs,
Ouf!!! Me disais-je en entendant la nouvelle qu’un accord a été trouvé entre et les représentants de la plateforme citoyenne de Rodrigues et le ministère des finances. Mais analysant les choses de plus près et avec de nouvelles informations, j’ai constaté que encore une fois encore, nous rodriguais allons subir une discrimination de plus. Ainsi donc il n’aura que le mauricien allant faire 4 nuitées dans un hôtel, une Gite/chambres d’hôtes, qui profitera de la baisse de 33%.
Ah bé rodriguais li pa voyazé li ?, kan li bizin vine moris kan li malad, kan enn lamort , vit vit bzin trouv larzan pou retourne rodrigues.kan li anvi assister cérémonie diplôme so zanfan ? kan li anvi al enn vakans ? Pourquoi cette discrimination ? Dans tous ces cas ne méritent-ils pas de profiter de la baisse ?
Au fait il n’a même pas besoin de ces raisons, le rodriguais est autant mauricien que les autres et il souffre tout autant, sinon beaucoup plus de la crise.
Merci quand même aux représentants qui ont contribué a cette aboutissement.
Concernant les allocations et la reconversion des pêcheurs….
Ravi que les choses avancent, mais malheureusement ce fut encore une occasion ratée.
Si j’ai bien compris, Le gouvernement selon son ministre des finances se dit près à débourser Rs. 45 millions pour compenser les pêcheurs et à mettre Rs. 75 millions à travers de la DBM pour des prêts.
Et si nous prenons tous cet argent pour développer toute l’industrie de la pèche à Rodrigues ?
L’idée c’est d’y aller de l’avant pendant 3 mois avec la compensation et pendant ce temps formons les pêcheurs à travers le HRDC et les personnes de ressources locales.
1. Créer un trust incluant tout les 1700 pêcheurs, et y mettre tout l’argent (75 millions de la DBM)
2. Chercher des investissement auprès de la Fishermen Welfare Fund, le fisherman investment trust, la SIT,Le NEF, L’Assemblée Régionale de Rodrigues , les credit union de Rodrigues et d’autres firmes aussi bien que les rodriguais en générale pour investir une fois pour toute dans cette industrie de la pêche hauturière tant parlée depuis des années.
3. Acheter des bateaux a moyennes capacités ( pour débuter) et mettre en place des moyens de traitement à terre : poissons frais et salés et séchés,empactage, chambre froide etc..
4. Développer d’autres secteurs d’activité dans lesquels le trust va investir englobant des projets existant comme l’écotourisme de Rivière Banane, visite et plongée sous marine, des virés dans le lagon avec des bateaux à voile, organisation des régates mais sur tout un espace en expo permanente avec des bateaux à voile , des sculpture , peintures tout cela avec un guide et des tableaux explicatifs. Dans ce même espace, un lieu de dégustation, avec des bouillon poisson, boucané, grillés, autour des produits de la mer ( je m’y vois déjà….et vous ?.) et à long terme L’aquaculture.
5. Parallèlement mettre en place un programme de repeuplement du lagon avec la collaboration de Shoals of Rodrigues, La FRTU de Pte Monier, le centre de recherche D’Albion etc…
Cette liste n’est pas exhaustive, je crois profondément que l’on peut se saisir de cette opportunité pour reconstruire quelque chose de durable et pour les pêcheurs et pour l’économie rodriguaise. Nous avons le marché, les ressources, « l’argent »( on nous le dis !!!), Qu’est ce qui nous en empêchent ?
Si nous allons de l’avant avec le plan comme il est maintenant, nous risquons dans quelques années nous retrouvez au même point, avec les mêmes problèmes.
En ce temps de crise voyons plus loin, Osons penser grand, soyons ambitieux, très ambitieux. C’est ca l’autonomie. Nou lavenir dan nou lamin, c’est zordi ki nou prepare demain. “The only preparation for tomorrow is the right use of today” Rodriguaisement votre, Patrick Jean Louis
P.S pour les Rs. 100 millions du stimulus Package, pensez au ‘derocking’ dans le secteur agricole et l’amélioration de la race bovine et caprine pour augmenter la production avant l’abattoir car il risque d’être vide sans production massif.
Partagez vos idées sur le http://sitokontanrodrigues.unblog.fr
Le Mauricien 07/07/09 lemauricien.com
Décidément, les enseignants mauriciens installés à Rodrigues depuis des lustres, n’y vont pas de main morte quand il s’agit de leur enlever des allocations illégales et, surtout, immorales. Tous les coups sont permis : mensonges, reproches, insultes, menaces, tentatives d’intimidation, manifestation pour attaquer les Rodriguais, déclarations dénigrantes à la radio et dans les journaux… Qu’est-ce que certains ne feraient pas pour de l’argent ?! Mais le comble, c’est que ceux qui bénéficient de tous les privilèges du monde veulent se faire passer pour de malheureuses victimes qui subissent misère sur misère à Rodrigues.Pourtant, depuis de nombreuses années, les enseignants rodriguais sont considérés comme des citoyens de deuxième catégorie car, bien qu’ils travaillent dans les mêmes conditions et qu’ils aient les mêmes qualifications que leurs collègues mauriciens, ils sont moins bien payés. En effet, leurs collègues mauriciens installés à Rodrigues ayant une ou des maisons, un ou des terrains, obtiennent un » disturbance allowance « de 25 % de leur salaire, un » rent allowance « (de Rs 1 000 pour les célibataires et de Rs 2 000 pour les couples), des allers et retours pour Maurice pour eux et leur famille une fois par an, pendant toute leur carrière !
Ces enseignants installés à Rodrigues demandaient à travers leur syndicat dans le dos de leurs collègues rodriguais, 50 % de » disturbance allowance « , Rs 5 000 de » rent allowance « , des allers et retours pour eux et leurs familles pour Maurice deux fois par an, et d’autres privilèges ! Quelle audace ! Ils voulaient prolonger le fossé qui séparait leur salaire de celui des enseignants rodriguais, ce qui a provoqué la colère de ces derniers – déjà ils subissaient une grosse injustice et on voulait les humilier encore plus. À cause de cela, les enseignants rodriguais se sont mis d’accord pour réclamer la justice une fois pour toutes. Sans considérer leur appartenance politique ni leur religion, ils se sont unis pour demander qu’on respecte leur dignité et leur valeur humaine ; ils ont réclamé salaire égal pour travail égal. Les enseignants rodriguais ne finiront pas de remercier la présidente de leur syndicat, madame Lysie Ribot, de son courage : elle a soutenu la cause de la justice et de la dignité humaine. En effet, la SPSTSU a dénoncé l’injustice flagrante envers les Rodriguais. Certains syndicats considèrent l’ethnicité, la religion et d’autres critères sans aucun rapport avec la justice avant tout, mais la SPSTSU a montré sa grandeur en faisant ce qu’il fallait. Les syndicats à court d’arguments, eux, n’hésitent pas à faire appel aux groupuscules sans foi ni loi, qui déshonorent le corps enseignant.
» Honnêteté «
Heureusement, les autorités, tant à Maurice qu’à Rodrigues, ont été attentives aux demandes des enseignants rodriguais qui les remercient chaleureusement. Effectivement, celles-là ont écouté la voix de la sagesse et de la justice. Elles ont décidé d’abolir les allocations injustes, cause de frustrations et d’amertume. La justice a enfin triomphé. Oui, on a reconnu que l’enseignant rodriguais a autant de valeur qu’un enseignant mauricien, étant tous deux des êtres humains. La discrimination a fait son temps, les lois sont respectées car le PRB stipule qu’on donne un » disturbance allowance « et les autres prestations pendant trois ans seulement.
Toutefois, la décision des autorités provoque depuis quelque temps un raz-de-marée de réactions indignes d’enseignants qui sont censés prôner la justice, l’équité, l’abnégation, le respect de l’autre et de sa valeur humaine, etc. De vils instincts font surface tout simplement parce que les enseignants rodriguais ont osé réclamer qu’on respecte leur droit. Est-il si difficile de renoncer à ce qu’on ne mérite pas ? Peut-on être considéré comme » disturbed « alors qu’on s’est installé de plein gré dans un endroit et qu’on est mieux loti que les natifs de cet endroit ? Le mot » honnêteté « existe-t-il toujours aujourd’hui ?
Ces professeurs mauriciens qui ont fait de Rodrigues leur domicile, aveuglés par leur amour des allocations immorales, recourent à tous les stratagèmes possibles pour ne pas les perdre.
Ils veulent faire accroire que les Rodriguais sont tout simplement des antimauriciens ingrats ; l’antimauricianisme est leur cheval de bataille de toujours. Mais cela ne fait qu’étaler leur manque de respect pour ce qui est juste – tout mensonge est bon pour se sortir d’affaire. Mais où est le sens de la justice de ces enseignants-là ? Quelles valeurs est-ce qu’ils incarnent ? Est-ce que réclamer son droit – celui d’être traité équitablement – veut dire être antimauricien ? Qu’est-ce qu’on n’inventerait pas pour obtenir des allocations illégales ?
Vouloir faire de cette quête de justice une affaire communale, c’est montrer au grand jour sa petitesse d’esprit et ses intentions malsaines. Est-ce que cela serait un des aspects majeurs de la vocation de ces enseignants-là – être prêts à tout pour des allocations injustes ?
Ils disent que les Rodriguais sont ingrats. Non, les Rodriguais les remercient d’être venus transmettre leurs connaissances académiques à leurs enfants. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils doivent obtenir des allocations illégales jusqu’à leur retraite. Bénéficier de ces allocations (légalement) pendant trois ans est raisonnable. D’ailleurs, tous les fonctionnaires mauriciens qui sont à Rodrigues obtiennent ces allocations durant leurs trois premières années de service. Après cela, ils choisissent de rester ou de partir : ils respectent la loi. Pourquoi les enseignants doivent-ils être au-dessus de la loi ?
Haine et mépris
Néanmoins, leur déplacement à Rodrigues a été amplement récompensé. Pendant de nombreuses années, ils ont perçu des allocations. S’ils osent faire le compte, ils verront clairement combien leur venue à Rodrigues a coûté aux contribuables. Qu’ils remercient le ciel que les Rodriguais n’aient pas demandé qu’on arrête ces allocations illégales plus tôt. C’est ici qu’on devrait parler de reconnaissance : qu’ils disent mille fois merci aux Rodriguais, car dans aucun autre pays au monde, on ne tolérerait leurs caprices, leurs ruses et leurs vilaines prises de position.
Et qu’ils ne regardent plus les Rodriguais avec haine et mépris comme s’ils étaient en territoire conquis.
Ils disent aussi que leurs enfants ne pourront pas vivre sans ces prestations. Mais comment est-ce que les enfants des enseignants rodriguais parviennent à vivre sans elles ? Souffrent-ils de malnutrition ? Pourquoi doit-on insulter ainsi les gens ? Si selon eux, l’enlèvement de ces prestations veut dire » tire manze dan zot la bouche « , les enseignants rodriguais, eux, meurent de faim, car ils n’obtiennent aucune allocation. Et pourquoi ne sont-ils pas capables de vivre comme les Rodriguais, de percevoir le même salaire qu’eux ? Est-ce que cela les abaisserait ? Puisqu’ils sont à Rodrigues, pourquoi ne vivent-il pas comme les Rodriguais ? Ils devraient faire preuve d’un peu plus d’humilité et d’un minimum de respect envers la dignité du Rodriguais.
Et puisqu’ils clament partout, qu’ils sont venus à Rodrigues par amour pour les enfants rodriguais et non par amour pour des allocations immorales, qu’ils renoncent à ces allocations-là et qu’ils travaillent avec un salaire normal, celui que chaque enseignant reçoit normalement à Maurice comme à Rodrigues. Qu’ils osent faire cela avec dignité et gaieté de cœur. En tout cas, leurs réactions quand on a annoncé l’arrêt de ces allocations ont montré qu’ils n’ont que mépris pour les Rodriguais ainsi que leurs enfants – seul l’argent les retient à Rodrigues. Leur soi-disant amour pour les enfants rodriguais n’est qu’un prétexte pour s’agripper aux allocations malsaines.
Un dernier mot : le proverbe le dit bien : bien mal acquis ne profite jamais. Qu’ils se contentent de ce qu’ils méritent car la vie s’arrange toujours pour nous réclamer – parfois d’une manière qui fait très mal – ce que nous avons pris aux dépens des autres (gouvernement, contribuables ou n’importe qui). – Que l’argent soit du gouvernement ou d’un voisin, le prendre quand on n’a aucun droit de le faire est malhonnête. Qu’ils prennent tout cela d’une manière positive et apprennent à donner un peu plus de considération aux êtres humains, leurs semblables.
Des enseignants rodriguais
Au moment où j’écris ces lignes je n’ai pas encore tous les détails et beaucoup de questions sont encore en suspens mais je ne veux pas rater cette occasion.
Immense fut ma joie en entendant a la radio la l’excellente nouvelle ce mardi 30 Juin sur le fléchissement de la position du grand Argentier sur la baisse de la taxe sur le billet d’avion pour Rodrigues. Mais surtout le rôle joué par nos quatre députés sur ce problème qui affecte d’une manière sans précédent notre ile. C’est un belle exemple de ‘ nou get pei, avan get parti’. Chapeau tout d’abord ne serait ce que de vous être mis sur la même table et défendre d’une manière cohérente le problème rodriguais. Et j’emprunte une expression a mon père qui dira « weh !! koumsa travay la fer ! » C’est un succès et un grand espoir pour notre peuple. Cependant, la première victoire est a mettre a l’actif des operateurs touristique maintenant élargie en plate forme citoyenne qui ont su canaliser la grogne populaire (à raison)et faire entendre la voix de Rodrigues de façon pacifique mais insistante. Ils écrivent l’histoire dans la lignée des revendicateurs de 1915, de la pétition de1999 et tant d’autres qui ont su se faire entendre et rendre la dignité au peuple rodriguais. Malheureusement la célébration sera de très courte durée, « Simé la longue » comme le dit si bien cette chanson très connue à Rodrigues et enan bokou ros :
· Lutte pour que les produits des bases( Riz….) se vendent au même prix dans l’ensemble de la République. · Le Rodriguan cola comme le propose le rapport Errors and omissions du PRB 2009
· Le respect de L’autonomie. · Chance égale de promotion pour les rodriguais en poste( Cadastre, finance etc..)
· Une meilleure collaboration sur les dossiers nationaux/Locaux à L’ARR peu importe le gouvernement en place. · Etc , etc……
C’est un temps pour le militant en chacun de nous. L’Histoire nous enseigne qu’à chaque fois que les rodriguais se sont mis ensemble pour se battre en se montrant fort et unis la victoire a été au rendez vous. A bon entendeur……
Patrick Jean Louis
Comme dans les îles créoles de la région, les romances désignent à Rodrigues une chanson dédiée à l’amour et écrite en français, dont la tradition remonte aux chants populaires et urbains de la France des XVIIe et XVIIIe siècles.
Cependant, les Rodriguais considèrent comme romance toute chanson d’amour non accompagnée et interprétée en français, même s’il s’agit de compositions plus récentes comme celles de Luis Mariano, Tino Rossi ou de tout autre chanteur sentimental français. D’ailleurs les romances se chantent à Rodrigues dans un style vocal qui rappelle singulièrement les chanteurs des années trente.
Si les premières romances ont pu être apportées par les premiers colons originaires des îles voisines, le répertoire s’est toujours enrichi au fil des ans, des contacts et des évènements. Dans les années trente, un nombre important de Rodriguais iront travailler à l’île de La Réunion, dans les champs de cannes de Sainte Suzanne. Ils reviendront avec un répertoire nouveau de danses et de romances dont plusieurs sont des chants patriotiques.
L’isolement de Rodrigues aura permis de conserver un nombre de romances disparues depuis longtemps du répertoire mauricien ou réunionnais. Cette conservation s’est cependant doublée de déformations involontaires et d’omissions causées par la transmission orale des textes français en milieu unilingue créole.
Au temps où les romances faisaient partie du répertoire vivant, rares étaient les Rodriguais pouvant maîtriser le français. La présence du français, même restreinte, à quelques rares occasions, n’en constituait pas moins un élément symbolique essentiel de la vie sociale et publique. Son usage sacralisait les situations formelles et cérémonielles de tradition généralement européenne.
Les lettres de demande en mariage, les invitations, les faire-part, les romances ou les chansons qui accompagnent les repas de fête étaient transmis en français, de génération en génération, et appris soigneusement par coeur. Ces textes ont été déformés au fil du temps et sont souvent devenus incompréhensibles pour un francophone. Cependant, seule l’intention langagière compte et, par là, il est possible de juger du sérieux de la situation.
Il est souvent question d’amour dans les ségas. Mais l’amour en créole est moins éthéré, il est plus cru et plus physique. En français, les sentiments sont plus sérieux et il convient d’utiliser des formes linguistiques plus recherchées lorsqu’on veut parler du véritable amour.
Romances de déclaration
Il existe plusieurs catégories de romances. Certaines romances faisaient partie d’un système de déclarations officielles en langue française. Il existait, à Rodrigues, un répertoire écrit de déclarations et de réponses, chantées ou non, que l’on apprenait par coeur et dont la maîtrise faisait partie de la compétence sociale.
Durant un bal, un homme épris pouvait signifier publiquement son intention amoureuse en chantant à l’élue de son coeur une romance de déclaration. Un concurrent pouvait renchérir avec un autre chant. A son tour, la jeune fille sollicitée pouvait chanter une romance en guise de réponse. Si elle était positive, le garçon pouvait chanter une romance de remerciements. Si elle était négative, ‘amoureux transi pouvait insister par un autre chant.
Il existait aussi des romances pour rompre. Une jeune fille ou un membre de sa famille pouvait chanter une chanson afin de faire comprendre à l’amoureux qu’il n’a aucune chance. Ce rituel chanté pouvait être accompagné d’emblèmes (fleurs, mouchoirs) dont tous connaissaient la si-gnification.
Romances de mariage
Certaines romances étaient chantées à la noce. Il y avait un répertoire associé aux différents moments des festivités, comme la procession du cortège, son arrivée à la maison de la mariée, le repas, ou la sortie des époux. Plusieurs de ces romances de mariage évoquent le thème de l’adieu à la mère patrie.
A Rodrigues, beaucoup de chansons patriotiques faisant référence à Napoléon et surtout, la grande guerre, fournissent une part importante du répertoire des romances. La plupart concernent la période 1877 à 1918.
L’inspiration chrétienne des chants patriotiques explique qu’on les retrouve pendant le mariage. L’interprétation des chants d’adieu tristes et mélancoliques durant les festivités nuptiales vient peut-être de la tradition, en France, de faire pleurer la mariée avant son départ.
Le matinal 25 avril 2006
Weekend 14/06/2009
Vagues post-budgétaires
Rodrigues :Le cri du coeur!
La marche pacifique, dont le but principal est d’amener le gouvernement à prendre conscience des graves problèmes économiques qui sévissent à Rodrigues suite à l’écroulement des activités touristiques, a franchi un premier obstacle hier matin. Les animateurs de cette manifestation à caractère citoyen, se félicitent du succès remporté avec entre 2 000 et 2500 participants selon les organisateurs, et un millier selon des sources policières. Aucun incident n’a été déploré dans les rues de Port-Mathurin pendant ces deux heures. En début de semaine, le comité organisateur se réunira pour une évaluation de la situation et une décision sur la marche à suivre. Dans cette conjoncture de crise économique, la principale et première revendication de cette plate-forme citoyenne demeure l’abolition de la Fuel Tax, représentant une somme de Rs 3 025, sur le billet d’avion entre Maurice et Rodrigues. Tous les intervenants qui se sont adressés aux manifestants, en l’occurrence Rommel Farla, porte-parole à Rodrigues la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) du tandem Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, Jean-Pierre Lim Kin, Marie-Lise Roussety, James Bégué, Maxi André et Aurèle André, ont mis l’accent sur l’importance de cette mesure dans le contexte de la relance de l’industrie touristique de Rodrigues en ciblant la clientèle mauricienne. Une première initiative concerne l’Assemblée Régionale de Rodrigues (ARR) pour un coup de pouce institutionnel à l’abolition de la Fuel Tax. « Une des résolutions est que l’ARR doit se réunir d’urgence et en séance spéciale pour faire adopter une résolution éliminant cette Fuel Tax en vue de la soumettre au gouvernement. Néanmoins, nous nous attendons à voir le gouvernement central réagir en anticipation car cette proposition a été soumise au Premier ministre depuis le début de l’année », a indiqué à Week-End Maxi André, un des membres du comité organisateur après la marche d’hier. Aujourd’hui, Rodrigues est sensibilisée au fait que l’abolition de la Fuel Tax sur les billets d’avion est une question de survie pour l’économie de l’île. « Les Rodriguais comprennent que sans cette mesure c’est le chômage qui les attend au tournant. Avec l’élimination de cette taxe, les Mauriciens pourront être en mesure de visiter notre île et relancer les activités », poursuit-il. « Nous constatons qu’Air Mauritius fait des promotions avec des réductions du billet d’avion de différentes destinations. Il y a même des tarifs spéciaux pour des pèlerinages religieux. Nous ne comprenons pas pourquoi les autorités demeurent insensibles à notre demande pour l’abolition de la Fuel Tax. Nous avons également l’impression que notre idée soumise depuis longtemps a été piquée et appliquée pour favoriser le tourisme à Maurice au détriment de Rodrigues », ajoute Maxi André. La marche pacifique dans les principales rues du chef lieu de Rodrigues a confirmé le sentiment d’un déficit de considération de Maurice à l’égard de cette partie du territoire. L’immense banderole qui a précédé les manifestants avec le slogan « Maurice to bizin considère Rodrigues », en dit long sur l’état d’esprit qui règne au sein de la population. À cela sont venues se greffer des réclamations scandées hier, dont en substance : « Si nous sommes un fardeau, libérez-nous ! ». Les messages inscrits sur les autres banderoles étaient aussi évocateurs, comme « Rodrigues, ki to l’avenir ? » ou « Maurice, as-tu du cœur ? » et encore « Nou touris ine mort ! Nou p » enter li ! » Rommel Farla, du syndicat des employés de la construction à Rodrigues, qui a présidé la première marche pacifique après la présentation du budget 2009 par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, cache difficilement sa satisfaction devant la tournure des événements. « À coup sûr, la marche a été un succès. Nous ne nous attendions pas à cette mobilisation. Les Rodriguais ont compris que l’heure a sonné pour réclamer leurs droits auprès du gouvernement et pour assumer leurs responsabilités. Asterla, gouvernma Moris bizin konpran ki nou pé dir avan ki li tro tar », harangue le président Farla. « En tant que représentant d’un syndicat de la construction, j’ai pris la décision avec mes autres camarades de soutenir cette demande de la part des opérateurs dans le secteur touristique parce que nous avons compris que sans cette coopération ce sera la mort du tourisme avec la montée du chômage et d’énormes problèmes sur le plan social », s’appesantit Rommel Farla. Ce syndicaliste formé à l’école de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé fait également le mea culpa des Rodriguais. « Dans cette situation, nous avons notre part de responsabilité. Depuis 2005, si nous avons tenu en ligne de compte le discours du Premier ministre à l’effet que personne pa dwa nou nanyen, nous aurions compris à l’avance à quoi il nous fallait nous attendre. Il y a aussi un manque de formation dans l’île. Nous aurions compris que les allocations que verse le gouvernement à Rodrigues ne seront possibles que tant qu’il y aura des ressources financières disponibles. Après, il n’y aura rien », indique-t-il à Week-End. Néanmoins, Rommel Farla pointe du doigt des carences au niveau de la politique de développement. Le tout avec raison. « Nous comprenons qu’il nous faut un effort de la part des Rodriguais. Mais nous devrons avoir les mêmes facilités que les Mauriciens. Nous avons un potentiel de développement dans les domaines de l’élevage, de l’agriculture et du tourisme. Pourquoi les Mauriciens ne viennent-ils pas nous aider à développement ces secteurs au lieu d’aller à Madagascar ou d’autres pays d’Afrique pour le maïs et la viande ? » s’insurge-t-il. Les membres du comité de coordination prévoient de se réunir en début de semaine pour prendre connaissance de la réaction officielle du gouvernement à leur demande relative à la Fuel Tax. « Nou pou rétourn lor lari pou fer nou konpran si bizin », confirme Maxi André, qui se refuse de révéler la forme de cette prochaine revendication tout en réitérant l’appel initial aux politiques contre toute « tentative de récupération de cette initiative citoyenne ».