La récente crispation autour du contrôle de REDCO au niveau de l’éducation publique a Rodrigues relève de la mise a l’épreuve des mécanismes prévus par la loi constitutionnelle régissant la évolution des pouvoirs a l’Assemblée Régionale de Rodrigues. Il est à noter qu’encore une fois les politiques ont été plus lents a la détente que les ONG ou encore les représentants de la société civile face a une décision qui peut légitimement entre perçue et considérée comme un retour en arrière par rapport a l’esprit de l’autonomie de Rodrigues et cela pas seulement de Port Louis. Mais cette autonomie tout unanimement qu’elle fut votée par notre assemblée nationale, devrait-on pour autant assumer qu’elle fut comprise dans les nuances et les subtilités de ses applications pratiques ?
Certainement que non aussi bien au niveau de la fonction publique, a Rodrigues et a Maurice, de la classe politique unanime sans doute pour faire dans le political correctness parlementaire a ce moment précis …A Rodrigues même les enjeux réels du passage au niveau statut une fois passe l’ivresse du sentiment d’accomplissement de la part des pères fondateurs de l’ autonomie demeuraient quelque peu flous dans leur articulation concrète. Aujourd’hui trois ans après ce passage qui demeure une des réalisations majeures du précédent gouvernement, les contours sont certes un peu plus précis mais l’élan de créativité institutionnelle, l’audace administrative, le courage politique pour enfin assumer pleinement ce que l’on a affirme pendant toutes ces années qui constituèrent les jalons de la longue marche vers l’autonomie semblent toujours hésitants a s’exprimer ou ne disposent pas encore de l’entière latitude pour le faire. Le carcan administratif demeure, les lenteurs et le red taping ont été transfères de Port Louis a
Port Mathurin… La volonté politique pour secouer les cocotiers, desserrer les nœuds de cravates malhabiles, étouffant l’expression pleine et assumée de la tant déclamée spécificité de l’ile est encore trop timide, a la limite de la pusillanimité même par moments… Il n’y a pas d ‘avenir pour une expression honteuse et timorée de la spécificité de Rodrigues elle doit ouvertement s’afficher se célébrer,
s’assumer s’exprimer pleinement. Pour ce faire elle doit avant tout s’énoncer ouvertement et clairement comme tout ce qui se conçoit bien et non comme cela semble être le cas dans les murmures a couvert a la limite de la clandestinité.
IL convient de jouer cartes sur table de part et d’autre C’est a ce prix que le dialogue s’instaurera sans arrière pensée sans complexe, sans méfiance réciproque sans états d’âme, mais sur un level playing field des relations institutionnelles, politiques, économiques culturelles et sociales. Bref il y a un maillon qui manque toujours a la chaîne et c’est celui de l’explication pédagogique, condition essentielle a une
compréhension elle même préalable a une appropriation collective et individuelle tant au niveau de Port Louis que de Port Mathurin.
Nous avons tous en mémoire le cri du cœur néo colonial et passéiste d’un certain Siddick Chady, alors que lui même avait été partie prenante de cette belle unanimité de circonstance. Et sans doute Chady a eu la au mieux la franchise au pire la naïveté, de rapidement se départir de sa fine couche de vernis consensuelle sur la question… Mais quid des autres embusques mais qui n’en pensent pas moins? Ceux la qui ont du applaudir des deux mains lorsque Bauhadoor a fait sa sortie indécente par rapport a «enn ti bout la terre loin la bas ki finn donne enn qualite dimounn et ki pe coute Rs 1 milliard par an… » référence sans détours au budget de Rodrigues.
Il faut également rappeler les délires crétins ou pire de mauvaise foi de celles et ceux qui n’ont toujours rien compris a l’esprit de l’autonomie sur place a Rodrigues et qui jouaient aux Cassandres (comme le faisait le PMSD a l’époque de la lutte pour l’indépendance du pays,,,) Aujourd’hui ceux la même bénéficient des faveurs institutionnelles que leur confère leur nouveau statut…ce qui n’a malheureusement aucun effet positif sur leur capacité de comprendre les enjeux de ce dernier !… En être réduit a presque tendre la main pour demander le dialogue, est navrant pour ne pas dire humiliant. Il faut être deux pour dialoguer et l’autonomie est un ongoing concern. Never to be taken for granted, il faut
donc sans cesse se remettre a l’ouvrage. Rodrigues autonome se doit de faire l’effort de l’ouverture et de la communication, elle doit prendre l’initiative quitte a se faire violence des fois mais c’est essentiel pour saréussite : Faire savoir son savoir faire ! Car il est a pied d’œuvre au quotidien avec des hésitations, des lacunes, des rates mêmes des fois mais la machine est en route, la dynamique est lancée, il convient de ne pas la laisser s’enrayer par des mimétismes politiques et administratifs qui ont fait tant de dégâts a Maurice. Rodrigues a la chance de pouvoir apprendre des erreurs des autres mais il semblerait que certains politiques semblent se contenter d’administrer en perdurant les mauvaises habitudes du passe au lieu d’imposer leur vision, imposer leur dynamique afin de pouvoir se représenter avec un bilan de réalisations au delà des sempiternelles réunions de comites ou de tasks force procédurier et improductif a souhait héritage sclérosant du mainland mauritius…et que les fonctionnaire s’ empressent de pérenniser au bénéfice de leur seul confort.
Se contenter de faire des choses a Rivière Cocos, Fond la Bonté, Trois Soleils ou Orange, fussent elles sans doute les plus pertinentes du monde en espérant que le monde entier applaudira relève de la naïveté frisant l’inconscience et aboutit a ce que l’on génère une perception de supplique de dialogue…un sale coup en termes de crédibilité et pour la dignité. Oui cela relève de l’humiliation mais une petite séance d’autocritique est plus que jamais d’actualité.
« Rodrigues, Maurice , deux îles, Un destin commun », L’avenir cohérent et commun de notre Republique tient en cette phrase empreinte de sagesse et de vision d’un Cassam Uteem, alors Président de la République invite d’honneur aux festivités marquant l’accession de notre pays archipel a l’indépendance et au statut de République. L’enjeu de l’autonomie et de sa réussite passe par la réalisation de cette destinée commune transcendant les particularismes inhérents aux deux entités insulaires: peuplement, histoire, culture économique et sociale. Il convient d’assumer et de reconnaître cet état de choses au lieu de vouloir a tout prix tout calquer un quelconque modèle afin de pouvoir enfin s’accomplir de se réaliser ensemble, mais a condition de commencer par soi même.Jean-Marie F RICHARD
Grand Baie Rodrigues
25 octobre 2005
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